Alfonso Cuarón (réalisateur)

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Alfonso Cuarón Orozco est un acteurréalisateurscénariste et producteurmexicain, né le 28 novembre 1961 à Mexico.

Réalisateur de Y tu mamá tambiénHarry Potter et le Prisonnier d’AzkabanLa Petite Princesse et Les Fils de l’homme, Alfonso Cuarón est considéré comme l’un des cinéastes mexicains les plus prometteurs de sa génération, aux côtés deGuillermo del Toro et Alejandro González Iñárritu qui ont également atteint une renommée internationale ces dernières années.

Cuarón a été nommé plusieurs fois aux Oscars et a remporté deux fois un prix auFestival du film de Venise, dont celui du meilleur scénario pour le film Y tu mamá también, en 2001.

Jeunesse au Mexique

Il a grandi dans une maison à proximité des studios Churubusco à Mexico. Il a commencé à filmer à l’âge de 12 ans quand il a reçu sa première caméra. Il a étudié la Philosophie à l’Université nationale autonome du Mexique (UNAM) et le cinéma au CUEC (Centro Universitario de Estudios Cinematográficos), une faculté de la même université. Pendant ses études au Centre universitaire d’études cinématographiques, il a rencontré la future mère de son fils Jonas, le réalisateur Carlos Marcovich et le directeur de photographieEmmanuel Lubezki et avec eux, il a fait son premier court métrage, intitulé Vengeance is Mine. Elle a suscité une controverse parce que le film était en anglais et pour d’autres raisons qui ont fait qu’il a été expulsé de l’école.

Après son expulsion, il a travaillé comme commis au Musée national d’art, puis comme directeur adjoint auprès de Jose Luis Garcia Agraz, sur plusieurs films. Il a réalisé certains épisodes d’une série thriller mexicaine intitulée La Hora Marcada (c’est à cette époque qu’il a rencontré Guillermo del Toro). Avec son frère Carlos, il a écrit le scénario du film Sólo con tu pareja qui a été un succès et a attiré l’attention des producteurs d’Hollywood qui l’ont invité à travailler aux États-Unis. Le réalisateur Sydney Pollack a été impressionné et a fait appel à Alfonso Cuarón pour diriger un épisode de la série Fallen Angels, en 1993.

Carrière aux États-Unis

À Hollywood, il dirige uniquement quelques chaînes de télévision jusqu’à ce qu’il signe un contrat avec Warner Bros. pour diriger Addicted to Love avec Meg Ryan et Matthew Broderick. En lisant le scénario de La Petite Princesse, Cuarón est davantage intéressé par le projet et c’est finalement le film qu’il choisira d’adapter. Bien qu’il n’ait pas été un blockbuster, le film a été nommé aux Oscars1. Par la suite,20th Century Fox lui a proposé de diriger l’adaptation de De Grandes Espérances (Great Expectations), un classique de Charles Dickens.

De retour au Mexique, il réalise Y tu mamá también, avec Gael Garcia Bernal et Diego Luna, qui est devenu l’un des films les plus réussis du cinéma mexicain et l’un des plus connus à l’étranger.

En 2004, Warner Bros. fait de nouveau appel à lui pour lui proposer de diriger le troisième volet des adaptations cinématographiques de la série Harry PotterHarry Potter et le Prisonnier d’Azkaban. Cuarón a été suggéré par J. K. Rowling, l’auteur des romans elle-même, qui avait aimé l’adaptation de La Petite Princesse, un de ses romans préférés. Cuarón a été d’abord hésitant quant à la direction du film, mais a été convaincu à la lecture du scénario. Rowling a été séduite par la nouvelle adaptation en avouant avoir eu des frissons suite la façon dont Cuarón avait lié l’adaptation à l’histoire, en ayant fait apparaître des indices sur les futurs livres, des informations qu’elle seule, jusque là, pouvait savoir (les deux derniers romans n’étaient pas encore parus à cette époque). Cuarón, habitué à travailler avec de jeunes acteurs, a déclaré que les deux années sur le tournage de Harry Potter ont été les plus amusantes de sa vie. Il a été ravi de pouvoir apporter sa touche personnelle au film en toute liberté, notamment avec l’apparition des têtes réduites et autres détails inédits apparaissant dans les films et dont Rowling a apprécié l’originalité. L’auteur a même avoué qu’il s’agissait de l’adaptation préférée de ses romans à sa sortie.

Après son incursion dans le monde de Harry Potter, Alfonso Cuarón se lance dans la réalisation de Les Fils de l’homme (Children of Men) en 2006, un thriller qui se déroule dans un futur proche. Dans la même année, il a été responsable de la production du Labyrinthe de Pan.

Peu après le Festival de Cannes de 2007 (auquel Alfonso Cuarón était membre du Jury), il se lance avec Guillermo del Toro et Alejandro Gonzalez Inarritu, ses amis de longue date, dans le projet d’une compagnie de production d’œuvres cinématographiques, appelée Cha Cha Cha Films.

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Andrzej Wajda, le rebelle polonais du cinéma

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Andrzej Wajda est un réalisateur et scénariste polonais, né le 6 mars 1926 àSuwałki (Pologne).

Biographie

Andrzej Wajda naît d’une mère institutrice et d’un père officier. Ce dernier est tué en1940, lors du massacre de Katyń, orchestré par les soviétiques et camouflé en crime de guerre allemand. Le jeune Andrzej s’engage deux ans plus tard, à 16 ans, dans la résistance contre l’occupant nazi, au sein de l’armée de l’intérieur polonaise,Armia Krajowa. À la fin de la guerre, il fait des études de cinéma à l’Académie des beaux-arts de Cracovie, puis à Łódź, dont il fréquente l’école de cinéma.

Il passe à la réalisation avec Génération en 1955 où il rompt déjà avec le ton partisan des productions de l’époque. En 1972, il est appelé à présider l’Union des cinéastes polonais.

Proche des idées libérales de Solidarność, il se lie d’amitié avec Lech Wałęsa qui le nomme au comité des citoyens auprès du syndicat en 19881. Il a souvent été ennuyé par la censure pour sa critique virulente des méthodes utilisées sous le stalinisme et pour l’évocation d’une Pologne en crise, aspirant à la liberté et à la démocratie ; sujets qu’il traite notamment dans son diptyque, L’Homme de marbre etL’Homme de fer, tourné durant les premiers événements provoqués par le syndicat Solidarność. Wajda n’en est pas moins resté une sommité artistique et une instance morale pour son pays, avant comme après l’ère communiste.

Il a siégé au premier sénat élu librement en 19892.

Il est aussi metteur en scène de théâtre et il est marié à l’actrice Krystyna Zachwatowicz.

Son œuvre cinématographique a été récompensée au plus haut niveau : le cinéaste a notamment reçu un Prix spécial du jury et unePalme d’or à Cannes, deux César et un prix Louis-Delluc à Paris puis un Oscar d’honneur à Hollywood, couronnant en 2000 l’ensemble de sa carrière.

Œuvre

Considéré comme le plus grand cinéaste polonais vivant1, Wajda a réalisé plusieurs fresques aux accents épiques et au ton romantique, bien loin de l’exercice de propagande propre auréalisme socialiste. Le réalisateur cherche à s’éloigner de la promotion du mode de vie communiste sur lequel il jette un regard lucide et acéré. Sa vision baroque du cinéma et de l’art, qui ne recule pas devant la représentation de la violence, côtoie les grands thèmes de l’histoire nationale dans laquelle il puise son inspiration. Jouant d’un certain symbolisme et traitant des mutations de la société polonaise d’après 1945, ses films sont généralement axés sur le conflit opposant aspirations individuelles et engagement politique1.

Ce dilemme moral sert par ailleurs à placarder le culte nationaliste de l’héroïsme1 et à dénoncer la bêtise, la haine, le mépris et la compromission politique. L’abnégation et le don de soi sont promus sur un plan personnel (Ils aimaient la vieCendres et diamantLe Bois de bouleauxLa Terre de la grande promesseL’Homme de marbreL’Homme de ferKorczakPan Tadeusz). Cosmopolite, Wajda a réalisé en France une œuvre historique fiévreuse sur les derniers jours du Jacobin Georges Danton : Danton (1982) avec Gérard Depardieu dans le rôle-titre.

Il a aussi adapté en 1988 Les Possédés de Fédor Dostoïevski dans lequel il dirigeait Isabelle Huppert et Lambert Wilson. Il avait auparavant mis en scène un drame sur les amours malheureuses d’une Allemande et d’un Polonais durant la Seconde Guerre mondiale :Un amour en Allemagne (1983) avec Hanna Schygulla.

Récemment, en 2007, il a réalisé Katyń qui revient sur le sanglant massacre qui a coûté la vie à son père.

Réalisateur Cinéma

Portrait d’un cinéaste, Jérémie Carboni.

JEREMIE CARBONI

Jérémie Carboni et Daniel Pennac pour le documentaire Bartleby en coulisses (2011)

Jérémie Carboni au Sénégal pour le tournage d’un clip.

Jérémie Carboni et Jean-Michel Jarre pour le documentaire Musique(s) électronique(s) (2012)

Jérémie Carboni (2010)

Jérémie Carboni pour la captation du spectacle Bartleby le scribe avec Daniel Pennac (2010)

Jérémie Carboni invité au festival Saint-Beuve de Boulogne-sur-mer (2010)

Affiche du documentaire Bartleby en coulisses (2011)

Jérémie Carboni et Olivier Rabourdin dans le film Augustine (2012)

Jérémie Carboni, un réalisateur sur les traces de l’académicien Michel Déon.

par Mélanie Guillemin

Ci-dessus, Jérémie Carboni (Photo de Rémi Vimont) et ci-contre Michel Déon.

Nous avons rencontré le scénariste et réalisateur Jérémie Carboni, auteur de documentaires aux sujets aussi divers qu’intéressants. Un premier film sur Daniel Pennac et son rapport à la lecture : Bartleby en coulisses et un deuxième en montage sur une histoire des musiques électroniques et expérimentales : Musique(s) électronique(s). En parallèle il est scénariste pour le cinéma (3 longs-métrages écrits), président d’une compagnie théâtrale créée sous l’impulsion de Daniel Pennac pour produire ses lectures. Et très récemment, une collaboration avec une légende de la littérature française : Michel Déon de l’Académie française, auteur entre autres des Poneys sauvages (1970, prix Interralié) et d’un Taxi mauve (1973, Grand prix du roman de l’Académie Française).

Mélanie Guillemin (MG) :  Bonjour Jérémie, merci de nous accorder cet entretien et je commencerai par une première question portant sur cette rencontre avec Michel Déon. Dans quelles circonstances l’avez-vous rencontré ?

Jérémie Carboni (JC) : Bonjour. J’ai rencontré Michel Déon par l’intermédiaire d’un de mes amis, le peintre et graveur américain George Ball, qui nous a malheureusement quitté il y a quelques années. George était un ancien élève du graveur britannique Stanley William Hayter. Il a illustré un grand nombre d’écrits de Michel Déon (cf. Quarto sur Michel Déon chez Gallimard). En 2005, je suis passé à l’atelier rue de la parcheminerie et George m’a présenté à un homme charmant et très élégant; c’était Michel Déon.

MG : Vous connaissiez cet auteur ?

JC : Oui je connaissais son nom et ses livres, nous les avions dans la bibliothèque familiale. Il est tout simplement l’écrivain préféré de mon père. J’ai d’ailleurs récemment eu le plaisir d’organiser un déjeuner à trois où nous nous sommes retrouvés pour parler de la Grèce et de l’Italie, pays où nous avions vécu.

MG : Comment cette collaboration est-elle née ?

JC : L’année dernière lors d’un voyage en Grèce j’ai relu une partie ses nouvelles. A peine rentré à Paris, j’ai décidé de lui écrire afin de lui proposer une adaptation. Il a été ravi de l’idée et nous nous sommes revus à chacun de ses passages parisiens. Il m’éclaire sur différents aspects de son oeuvre, comme les lieux (pays, villes), l’époque et les personnages choisis, avec des anecdotes variées.

MG : Etes-vous impressionné par une telle légende de la littérature française?

JC : Comment ne pas l’être franchement. A chaque fois que mon téléphone portable sonne et que je vois le nom de Michel Déon s’afficher, j’ai toujours l’impression d’une hallucination passagère! C’est un homme d’une autre époque, il est né en 1919, il a presque connu tout le XXe siècle. A 93 ans, il peut vous raconter la Seconde Guerre mondiale, ses rencontres avec Hitchcock, Frank Capra et Billy Wilder à Hollywood. Ses amitiés avec Salvador Dali, Jacques Laurent, Jacques Chardonne, Claude Lévi-Strauss, Françoise Sagan, Milan Kundera, Jean d’Ormesson ou encore Houellebecq font de lui un homme ouvert à des personnalités bien différentes. Je me sens vraiment comme le grain de sable face à un rocher. Et puis c’est le dernier représentant d’un des derniers grands mouvements littéraires, je veux parler bien sûr des Hussards, composé notamment des écrivains Antoine Blondin, Roger Nimier et Jacques Laurent. Début des années 50, après l’article de Bernard Frank, ce mouvement littéraire était en opposition aux existentialistes et à la figure intellectuelle qu’incarnait Jean-Paul Sartre. C’est le roman le Hussard bleu de Roger Nimier qui a donné le nom à ce regroupement d’auteurs, qui d’ailleurs ne désirait pas créer un mouvement mais défendre « un amour du style, un style bref, cinglant, ductile » et un refus des modes. Ils s’opposeront aussi au Nouveau Roman. Michel Déon est un écrivain droite, monarchiste, qui a des lecteurs de générations très différentes, autant les très jeunes que les plus âgées.

MG : Quelles sont les oeuvres de Michel Déon que vous préférez ?

JC : Il y a les incontournables bien sûr : un Taxi mauve et les Poneys sauvages, mais moi j’aime beaucoup la Montée du soirTaisez-vous j’entends venir un anges et les Tompeuses espérances. Je crois que Michel Déon a une tendresse particulière pour un Déjeuner de soleil, parce qu’il pense que ce roman-essai contient tout les autres.

MG : Donc si l’on devait conseiller deux romans de Michel Déon, en dehors des Poneys sauvages et d’un Taxi mauve, ce serait?

JC : Je dirais La Montée du soir et Un Déjeuner de soleil.

MG : Comment le cinéma est arrivé jusqu’à vous ? Est-ce que vos parents ou grands-parents étaient du métier ? 

JC : Non pas vraiment, plutôt des hommes liés à l’Etat et à la haute fonction publique. Mon grand-père paternel était Secrétaire-Général des douanes du sud de la France, basé sur le port de Nice, là où mon père a grandi. Après des études aux lycée Masséna, ce dernier montera à la capitale pour de brillantes études. Il travaillera d’abord en diplomatie (Grèce) puis pour Findus avant de rejoindre le groupe EDF-GDF. Il est aujourd’hui un des dirigeants du groupe GDF Suez, à la direction de la branche informatique : GDF Suez IT. Du côté maternelle c’est art et politique. Ma mère a été une ancienne pianiste classique et mes grands-parents ont travaillé comme stylistes notamment pour Sylvie Vartan (costumes de scène et fondateurs des Créations Sylvie Vartan avec Emmanuelle Khanh), ils sont connus pour avoir lancé la carrière des stylistes Marithé et François Girbaud, les papes du jeans. Mes oncles ont travaillé avec Sardou et Johnny Hallyday et ont fait de la politique, il y a de ce côté là de ma famille des anciens députés, ministres et conseillers, plutôt centristes, personnages qui m’ont ouvert au monde de la politique.

MG : Vous avez participé à des réunions politiques ?

JC : Oui et j’ai même conseillé des hommes politiques ou partis (UDI, République solidaire, etc). Surtout en communication ou pour la partie audiovisuelle. La politique m’a toujours intéressé.

MG : Vous pouvez nous parler de votre actualité ?

JC : Je termine en ce moment ce documentaire sur les musiques électro  Musique(s) électronique(s) : les bruitistes et leur descendance avec Jean-Michel Jarre, Emilie Simon, Moriarty, François Bayle, Michel Chion, Marc Battier, pour la télévision.

MG : Merci pour cette interview.

JC : Merci à vous.

Jérémie Carboni avec Daniel Pennac à Rome en 2010.